Choisir une école de pilotage

Choisir une école de pilotage

Si je pouvais revenir en arrière, je prendrais beaucoup plus de soin à choisir mon école de pilotage. Changer d’école en cours de formation, surtout vers la fin, est pas loin d’un cauchemar! Au minimum, dérangeant et irritant, sans oublier coûteux.

En juin 2012, je me décide à fouiller sur Internet pour me renseigner sur les possibilités de prendre un cours de pilotage. Je n’ai aucune idée ce que ça demande ni combien ça coûte. Quelques recherches sur Google et un peu de lecture plus tard, j’appelle une première école de pilotage située à Gatineau. L’aéroport de Gatineau se trouve tout près de chez-moi, c’était un choix logique. Je discute alors avec un instructeur qui m’informe brièvement du fonctionnement pour obtenir une licence de pilote privée, du coût approximatif et qu’il y a une classe de cours théorique qui a débuté la semaine précédente. Pas de problème pour me joindre à cette classe, le prochain cours: le soir même à 18h00.

Une conversation d’une quinzaine de minutes avec mon mari et je rappelais l’école pour confirmer que je serais présente ce soir-là. (J’imagine que vous pouvez deviner que parfois je peux être très spontané dans mes décisions… Rassurez-vous, ce n’est pas toujours ainsi.) L’aventure commençait!

Ce que je ne savais pas à ce moment, et que j’ai appris quelques mois plus tard, est que cette école était déjà en difficulté financière et ses jours étaient comptés.

J’ai mis beaucoup de temps, d’efforts et d’argent dans les mois qui ont suivis. J’ai accumulé quelques 35 heures de vol avec majoritairement deux instructeurs. Deux instructeurs qui ont appris à me connaitre en temps qu’élève-pilote. (Un point très important dont je reviendrai plus tard.) Je me suis rendu jusqu’à la grande navigation en double commande et j’étais prête pour la refaire en solo quand la maintenance sur les avions a cessée (le propriétaire ne payant apparemment plus le mécanicien) et finalement les instructeurs ont démissionné.

À la fin janvier, en plein coeur de l’hiver, c’est déjà difficile de voler alors je me suis dis que je patienterais.

Je me suis beaucoup plus renseigner avant de choisir une nouvelle école. Mais la transition a tout de même été pénible. Voici donc quelques conseils, tirés de mon expérience, que je partage avec vous.

1. Renseignez-vous sur l’école

Faites le tour de toutes les écoles dans votre entourage. Utilisez Google pour vous renseigner sur eux. Par exemple: connaitre les commentaires des autres élèves qui sont passé par là, leurs coûts pour la formation, la location d’avion, cours théorique, les instructeurs, etc. Si vous pouvez recevoir des recommandations de connaissances ayant déjà utilisé les services d’une école de pilotage: encore mieux!

Les coûts ne varient habituellement pas beaucoup et ce n’est pas, selon moi, le facteur le plus important sur lequel vous deviendrez baser votre décision.

2. Nombre d’année en opération

Le nombre d’années en opération est selon moi un bon indicateur. Ce que je retiens particulièrement sur le monde de l’aviation à ce point-ci (après plus d’un an à faire ma formation) est que c’est un monde difficile. J’ai entendu à plus d’une reprise la blague « Comment fait-on une petite fortune en aviation? » En partant d’une grosse fortune… Il est apparemment difficile de faire de l’argent donc les écoles de pilotage ouvrent et ferment sur une cadence qui semble malheureusement constante. Du moins certaines plus que d’autres.

La gestion de l’école semble très importante pour la garder rentable, et ouverte! Et tel que le début de cet article le mentionne, c’est pénible de changer d’école, alors c’est à éviter.

3. Les instructeurs

Si possible, prenez le temps de rencontrer les instructeurs. Votre instructeur sera une personne importante dans votre formation. Les cours théoriques vous apprendront la base des connaissances mais votre instructeur peaufinera cette connaissance lors des briefings. En plus, il vous accompagnera en vol pour plusieurs heures et sera la personne qui vous permettra d’aller en solo et éventuellement signera la recommandation pour le test écrit et le test en vol. Vous passerez beaucoup de temps avec votre instructeur et donc bien vous entendre avec est important. Comme dans la vie, il est difficile de s’entendre bien avec tous. Différents caractères, différentes façons d’enseigner, etc.

Lorsque j’ai changé d’école, malgré les progrès inscrit dans mon PTR (Pilot Training Record – livret de formation), les instructeurs ne me connaissaient pas et de toute évidence avaient de la difficulté à se porter garant pour moi. Des heures de vol ont pu remédier quelque peu à cette situation mais pas sans que j’en fasse les frais.

4. Les avions

Les avions favoris pour la formation sont les Cessna, plus particulièrement les modèles 150/152 (2 places) et 172/182 (4 places). Ce sont des avions à train tricycle avec une roue de nez, et des ailes hautes. Ça semble être une configuration d’avion préférée pour débuter sa formation.

Au Canada, du moins les écoles que j’ai pu visité à date, ont tous des avions qui varient de vieux à très vieux. Heureusement, Transports Canada oblige un entretien minutieux certifié par des mécaniciens spécialisés et approuvés. Loin des entretiens volontaires sur les automobiles! Par contre, l’entretien de ceux-ci peut devenir un soucis de disponibilité si le mécanicien (AME, Aircraft Mechanical Engineer) est peu disponible ou que l’école est financièrement précaire (ce qui pourrait retarder les entretiens obligatoires). Un avion non-disponible impactera sur la fréquence des instructions en vol. Plus les vols sont rapprochés, et moins vous aurez à faire de révision à chaque vol.

Bien sûre, vous pouvez également suivre la formation avec votre propre avion. Personnellement, je trouve encore que les coûts d’achat, assurance, stationnement, entretien et autre, sont très élevés. La copropriété (si vous trouvez de bons partenaires) peut être intéressante, mais il faut tout de même faire un nombre assez appréciable d’heures de vol par mois pour que ça en vaille la peine (je dirais plus de 5 heures de vol par mois selon mes brèves recherche à date). Comparé à la location d’un avion dans une école de pilotage, je suis encore sceptique à savoir si c’est vraiment avantageux.

Si vous songez à compléter une licence de pilote commerciale et à déduire les frais de scolarité, les frais de location sont déductibles mais non les dépenses pour un avion dans le cas d’un achat. ***À prendre sous toute réserve, basé sur les renseignements que j’ai recueillis à ce jour.

5. Autres offerts

Si vous comptez poursuivre plus loin votre formation de pilote, passé la licence de pilote de loisir ou privé, tel que les qualifications de nuit, IFR, etc. Ou apprendre à piloter un avion sur flottes, ailes basses, multi-moteur et autres. Ce sera avantageux que l’école choisie possède de tels appareils.

Ont-ils un club social et des activités organisées soit pour rencontrer d’autres pilotes (c’est bien pour partager des expériences par exemple) ou pour du perfectionnement et de la révision?

 

 

 

 

6 réactions au sujet de « Choisir une école de pilotage »

  1. Oh! 🙁 J’espère que tu finiras par réaliser enfin ton projet après toute l’énergie investis. J’tenvoie mes meilleures pensées.

    1. Merci pour tes pensées positives Matt. Je ne perds pas espoir. À date, personne m’a dit que c’est facile devenir pilote privé. 😉

  2. Bonjour Nathalie,

    Je suis tombe sur ton blog un peu par hasard, mais saches que tu n’es pas toute seule… A ce stade, je ne sais pas ou tu en es de ta formation, mais je suis pour ma part francais, vivant en Irlande depuis 3 ans. J’ai profite de me venue dans ce pays pour entreprendre de passer mon ppl. A ce stade, je commence un peu a le regreter et a perdre toute motivation et passion. Bref, grosse remise en question. Je suis aller dans une des deux ecoles dans un aeroport proche de Diblin. Au debut, personnel sympa, bonne ambiance tout va bien. Au fur et a mesure, vient le probleme du temps, de la diponibilite de l’avion, des instructeurs qui changent… Bref, je stagne. Je dois etre aux alentours des 75 heures… Jai ete presente a l’examen une premiere fois durant lequel jai tout annule au dernier moment pour cause meteo. Ensuite, de nouveau, je passe mon examen et j’obtiens un partiel. Je doia donc representer l’exam. Mais entre temps, il faut rester « current » et ca lecole ne manque pas de te le rappeler…. Pendant c cours, tu decoivres que tu fais des erreurs que tu ne faisais pas avant, bref, tu doutes… Le monde de l’aviation est tres dur, j’espere en finir bientot. Je n’ai pas change d’ecole, mais parfois j’y songe tellement tout m’irrite! Mais a mon stade, a quoi bon! Aller courage! J’espere que ca ira pour toi ou que tu as deja ton ppl!

    1. Bonjour Steph,

      Merci pour ta visite sur mon blogue et pour ton commentaire (c’est ce qui me motive le plus à continuer à y écrire).

      Eh non, toujours pas de PPL pour moi. Heureusement qu’en cours de route j’ai trouvée des gens qui me donnent espoir de continuer. Je pourrais écrire un article juste pour parler du nouveau par rapport à tout ça. J’en suis rendu, officiellement, à 63 heures de vol. Il y a environ 2 semaines, à ma 4e école!, j’ai passée un premier pré-test complet et j’ai échouée. Je ne suis pas dangereuse, je manque simplement de précision. Je ne réponds pas (encore) aux hauts standards de précision de Transports Canada. Pour l’instant, je mets ça de côté puisque je dois économiser pour terminer (ça coûte un bras, une jambe, une oreille, et alouette!). ahhhh C’est toute une aventure! Je pourrais définitivement écrire une 2e partie à cet article au sujet de choisir son école. J’en ai appris encore plus! D’ailleurs, en cours de route j’ai rencontrée d’autres élèves pilotes qui eux aussi ont eu des histoires rocambolesques.

      Je te souhaite bonne chance pour obtenir ta licence. Le plaisir de voler vaut la peine de persévérer. Tiens-moi au courant de ton aventure, et commente quand tu veux.

      Nathalie

  3. Salut Nath, je viens de tomber sur ton blog par hasard. Que de souvenirs tout ça… J’étais là (j’ai Découverte) en 2012… mais pour ma part, je l’avais vu venir, alors je m’étais procuré mon propre avion (PA-38 Tomahawk) et engagé les instructeurs comme « Freelenser ». Encore à ce jour, j’ai un « stiker » sur mon glare shield qui dit « Que dirait JR… » Parce que j’avais l’habitude de regarder trop bas lors de mes arrondis et JR me disais toujours, « Regarde le bout de la piste, regarde le bout de la piste! »

    Lors du meeting de la nouvelle association cet automne, tu magasinais un avion… t’as trouvé?

    😉

    Au plaisir de te revoir au terminal ou sur le tarmac.

    Stéphane

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