La liberté des vols en avion léger en péril?

La liberté des vols en avion léger en péril?

Mercredi dernier, j’ai eu la chance de faire un vol voyage vers Maxville, Ontario. Je me sens privilégiée de pouvoir vivre ces expériences de vols en avion léger. J’ai été invité à accompagner un pilote d’expérience. Ces expériences de vol définissent, selon moi, la vraie liberté et le plaisir de voler en avion léger.

Pour ceux qui se le demande, je n’ai toujours pas obtenu ma license de pilote privé. Je reviendrai sur ce sujet pour une mise à jour.

Maxville est un petit village en Ontario, entouré de fermes, à environ 40NM au sud-est d’Ottawa. Les gens que nous y avons rencontrés ont été très amicales et hospitaliers. Nous avons marché quelques minutes et dans le stationnement nous avons demandé à une dame des indications vers le restaurant le plus près. Elle nous proposait un Tim Horton à environ 5-6 km… Après lui avoir indiqué nous étions arrivé par avion et donc pas d’auto, elle nous a gentiment offert de nous conduire jusqu’au petit resto du coin.

Le petit resto « Kilted Canuck, Pub & Eatery » était tout ce dont nous avions besoin. La nourriture était excellente et le service aussi. Le serveur (également propriétaire et cuisinier) s’est assis à notre table pour prendre notre commande et quand est venu le temps de quitter, il s’est offert à venir nous rapporter à la piste! Avec un tel service et une telle hospitalité, je ne peux que vous recommander chaudement d’aller y faire une visite!

Depuis 2 ans, j’ai fais plusieurs vols en avions légers, mais je me sens privilégiée parce que plus tu en apprends sur le monde de l’aviation et plus tu réalises comment c’est un monde difficile à percer et dans lequel s’installer. Et ce pour diverses raisons.

Les difficultés à obtenir une license sont une chose, mais ensuite plusieurs règles supplémentaires s’appliqueront pour la location d’un avion, à moins que vous ne possédiez votre avion. Les règles de location semblent varier d’une entreprise à l’autre (ce sont majoritairement les écoles de pilotage). Par exemple, une durée maximum de temps depuis un dernier vol (ex. 14 jours, 30 jours, 60 jours, etc.). Si non, hop avec un instructeur! J’ai entendu des histoires où il a été nécessaire de grosso-modo refaire tous les exercices d’entrainement, soit 4-5 heures de vol pour être en mesure de louer!

Il est à noter que vous pourriez également rencontrer de tels critères si vous achetez un avion en partenariat (co-propriété).

Pour en revenir au vol voyage, la piste de Maxville est faite de gazon. En entrainement, nous pratiquons les décollages et atterrissage sur terrain mou, mais rien n’est comparable à le faire pour vrai!

Voici un vidéo qui résume ce vol voyage et qui montre l’atterrissage et le décollage sur la piste en gazon.

Je vous donnerais bien les spécifiques de la piste, mais en réalité, après l’atterrissage et plus de vérification, j’ai réalisée que nous n’étions pas atterri sur la piste prévue, celle identifiée sur la carte et dans le CFS. Je vous rassure, la piste était tout à fait convenable, en fait très bien entretenue, et bien balisée. Enfin… ça reste une piste en gazon. (Pour les intéressés, voici plus d’information sur les pistes sans revêtement en dur de Transports Canada.)

En réalité, après discussions avec d’autres pilotes et instructeurs, les pistes en gazon, et les pistes courtes, sont plutôt recommandés pour les pilotes ayant plus d’une centaine d’heures d’expérience de vol. En réalité, même avec toute la pratique et le stresse mis sur les élèves pour réussir parfaitement des décollages & atterrisages sur terrain mou (gravier, gazon, etc.) et même chose pour les décollages & atterrissages sur terrain court, nous n’en ferons fort probablement aucun avant fort longtemps. Par ce temps, nous voudrons, par précaution, retourner avec un instructeur les pratiquer. En réalité, un centre de location n’acceptera pas de nous louer un avion pour aller vers un aéroport avec une piste en gazon, ou une piste courte. Alors, en réalité, pourquoi mettre autant de stresse sur les pilotes élèves pour apprendre ces techniques marginales?

Ne me méprenez pas. Toute connaissance est bonne à avoir et j’adore apprendre. Par contre, il devient très frustrant de réaliser toute l’information qu’il nous est exigée d’apprendre et de maitriser parfaitement… pour le test écrit et le test en vol. Ensuite, j’ai vu plusieurs pilotes ne jamais ré-utilisé ces informations, voir les appliquer.

C’est comme si les écoles voulaient nous entrainer pour devenir pilote de brousse ou pilote de ligne commerciale alors que nous ne souhaitons que devenir pilote privé pour le plaisir de voler. Toutes les règlementations ajoutées au cours des années par Transports Canada semblent favoriser cette mentalité.

Je suis tombée sur cet article (en anglais) hier qui parle de l’impact de cette réglementation resserrée sur l’économie. L’article traite de la problématique aux États-Unis vis-à-vis de la délivrance d’un certificat médical, mais en fait, une situation similaire se produit au Canada, et même en Europe. L’aviation de loisir en souffre.

En plus d’être frustrant et franchement exorbitant en coûts, les difficultés de formation d’un pilote privé font en sorte que de moins en moins de pilote amateur perce le monde de l’aviation. Plusieurs quittent en cours de formation par cause de frustration ou simplement par manque de fonds. Par conséquent, moins d’acheteur. Moins d’acheteur égale moins d’avion produit. L’article cité plus haut dénote qu’en 1977 14 000 avions monomoteur ont été produit comparé à moins de 700 en 2010. Ce sont des emplois perdus dans la chaine de production des appareils mais également dans tout ce que cet industrie engendre (essence, logement, restauration, etc.).

Mise à jour (17 juin 2014). J’ai vu cet article aujourd’hui qui concerne d’avantage les pilotes désirant travailler sur les lignes de vols commerciaux. C’est triste de voir des gens se faire exploiter avec leur passion. Je trouve scandaleux que des entreprises « engagent » des pilotes sans les payer sous pré-texte qu’ils n’ont pas suffisamment d’heures de vol. Quand le co-pilote paie aussi sa place dans l’avion…

Est-ce que l’aviation amateur deviendra un sport réservé aux riches? Est-ce que le ciel est plus sécuritaire grâce à toutes ces réglementations?

 

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